09
mars
2024

LES INUTILES AU MONDE AU MOYEN ÂGE
La fin du Moyen Âge voit se développer la méfiance de la société et des autorités envers ceux
qu’elles qualifient "d’inutiles au monde" : les oisifs, vagabonds et autres marginaux.
Cette catégorie, très vague peut être divisée en deux parties : la première est celle des déclassés :
pauvres des villes et des campagnes ayant perdu leur travail, déracinés et réfugiés de guerre devenus
mendiants ou errants et la deuxième est celle des délinquants qui ont choisi délibérément de vivre hors
des normes sociales, soldats en rupture de ban, étudiants attardés tombés dans la criminalité (comme
François Villon), piliers de tavernes et de bordels. Entre les deux existe une infinité de variations qui font
passer l’individu de la bonne renommée à l’infamie et de la norme à l’illégalité. Dans la vie des hommes
et des femmes du Moyen Âge, ces conditions ne sont pas pérennes et constituent souvent les étapes
d’un long parcours vers les déclassements : de l’apprenti voleur, devenu un crocheteur professionnel au
soldat chapardeur ou déserteur, finissant brigand de grand chemin.
Tous ces « inutiles au monde » ont en commun le déclassement et l’errance, la rupture des liens traditionnels
des solidarités familiales ou professionnelles. La société les condamne pour leur refus du travail qui s’oppose
à l’ordre social « voulu par Dieu ».
Illustration : Saint Eloi donne ses biens aux pauvres, maître de la légende de saint Georges, XVe siècle.
Moscou, musée Pouchkine. AKG-images.
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