VILLES et VILLAGES du ROUSSILLON
MOLITG-LES-BAINS
La « valle Molegica » (vallée Molegica) est citée en 844, « vallee Molegio »
en 901, « valle Molegia » en 958. Le village "Moligio" est cité en 968 et
en 1437. Le nom de Molitg-les-Bains ne date que de 1970

Parmi les nombreuses interprétations de « vallee Molegica » l’une des plus plausibles
fait référence à des moulins édifiés dans la vallée de la rivière Castellane qui prend
sa source à 1 064 m d’altitude, dévale le massif du Madrès, traverse Molitg-les-Bains
et va se jeter dans la Têt après 27 km de course. Une meule découverte sous la place
Major et le blason sur le portail de l’ancienne maison consulaire derrière l’église accréditent
cette hypothèse.
L’occupation des lieux dès la protohistoire, à l’âge des métaux (à partir de 3 300 av. J.-C.)
voire dès le Néolithique et l’âge de la pierre polie (6 000 à 3 300 av. J.-C.) est généralement
attestée par les dolmens.
Tous ceux des Pyrénées-Orientales se trouvent en des zones accidentés ou montagneuses
dont Molitg-les-Bains où sont recensés pas moins de six dolmens dont trois disparus ou restant
à géolocaliser. Il s agit des dolmens :

- du Coll del Tribe à la limite entre Eus et Molitg,
- de Sant Ponci,
- de la Portella signalé en 1872 par Isidore Rouffandis (1821-1884) maire de Mosset,
- de la Bressa signalé en 1872 par Isidore Rouffandis et auparavant en 1832 par Joseph
Jaubert de Réart (1792-1836) maire de Ponteilla, archéologue, historien et cofondateur
de la Société Agricole, Scientifique et Littéraire des Pyrénées-Orientales.
- de la Pineda signalé en 1832 par Joseph Jaubert de Réart et en 1872 par Isidore Rouffandis
- du Pla de l’Arca ou de l’Arca de Calaons qui se présente sous forme d’une grande table sur un nombre impair de trois supports ce qui à l’époque est mystique, le tout positionné selon une orientation vers le soleil levant et sur un plateau pouvant accueillir un important rassemblement de personnes. Il s’agit probablement d’un autel de culte druidique pour l’immolation aux dieux de victimes humaines.

Citée en 844 pendant la dynastie des Francs carolingiens (751-987) la « vallee Molegica » est
un vaste domaine comtal qui s’étend de Campôme et Fornols, à Eus et Côme, en englobant Molitg
et Cruells. Le Village de Molitg est la possession des comptes de Cerdagne en alleu,
C 'est-à-dire exempt de droit féodal. Il est inféodé de la famille de Paracols qui possède le
Château comptal en fief, soit à charge de services et de redevances, sur la colline du même
nom dans l actuelle commune de Campôme.

Raymond-Béranger de Paracols est cité en 1102 dans l’entourage de Guillem-Jorda II de
Cerdagne (1095-1109). La dynastie de Cerdagne disparait avec Bernat Guillem (1109-1118)
comte de Barcelone et de Gérone (1086-1131) et de Besalu (1111-1131)
Guillem de Paracols est cité en 1139 et 1144. Il semble s’éloigner du comte de Barcelone
et se rapprocher du vicomte Udalgar II de Fenollet.
Guillem-Bernard de Paracols est cité en 1175 auprès d’Alphonse comte de Barcelone,
(1162-1196), roi d’Aragon (1164-1196), comte de Provence (1166-1196), de Roussillon
(1172-1196) et comte de Pallars (1192-1196). La famille de Paracols s’éteint sans
postérité mâle avant 1254, date à laquelle est citée dame Sébilia de Paracols.

La famille de Caramany est connue en 1242, dont Huguet de Karaman est chevalier des
vicomtes de Fenollet. Plusieurs des ressortissants de cette famille ont rejoint la Milice
des moines de l’ordre de droit pontifical, religieux et militaire dit « du Temple » dont la commanderie du Mas Deu est créée à vocation agricole en 1138 à Trouillas pour subvenir
aux besoins alimentaires des moines.
Pons de Caramany acquiert en 1304 les seigneuries de Paracols et d’Eus dont les châteaux
sont inféodés à Pierre de Fenollet. Il devient viguier de Cerdagne (1305-1309) sous
Jacques II roi de Majorque, comte de Roussillon et de Cerdagne (1276-1311) et lieutenant-général (1311-1314) de Sanche roi de Majorque et comte de Cerdagne (1311-1324).

« Castrum de Moligio » est cité en 1437. La construction du château de Molitg et l’abandon
du château de Paracols se situent probablement pendant l’occupation des lieux par la famille
de Caramany ou par la famille de Trégura qui lui succède, soit au cours du XIVe siècle, voire
tout début du XVe siècle. il s’agit d’une maison forte avec une enceinte fortifiée et équipée
de quatre tours défensives reliées par un chemin de ronde. L’église lui est accolée dont la
construction est antérieure puisque mentionnée en 1204.
François de Trégura est cité en 1382 en possession de la seigneurie de Paracols, celle-ci
étant érigée en baronnie. Joaspert de Trégura seigneur de Paracals cité en 1408, est viguier
de Conflent et de Capcir (1390-1392). Son fils Pierre de Trégura connait les premières
années de l annexion des comtés de Roussillon, de Cerdagne, et de Conflent (1462-1493)
par la monarchie française de Louis XI puis de Charles VIII, pour laquelle il s implique en
qualité de lieutenant du gouverneur chargé d organiser et de maintenir l occupation française
à Prades et la région

Jean de Trégura, son successeur décède sans postérité en 1487 dont la sœur Jeanne assure
la continuité jusque vers 1505 et à sa disparition une probable cousine Anne de Trégura en indivision avec Ange de Vilanova qui est un lointain parent. Anne meurt vers 1550. La famille abandonne la seigneurie et baronnie dans son intégralité à la famille de Vilanova.
Le seigneur et baron Michel de Vilanova (1556-1580) est suivi de Joan (1585-1630) qui
guerroie de 1593 à 1595 contre son voisin le baron de Mosset. Viennent ensuite Joseph
(1630-1634) et Magdalena 1634-1642) dont l’époux Charles de Llupià, seigneur de Llupià
et de Castelnou, est issu d’une famille de la noblesse catalane.
Les biens de Charles de Llupià lui sont confisqués du fait de son hostilité à l’intégration
du Roussillon par la France à la suite du traité des Pyrénées de 1659. Ils sont restitués
dans le patrimoine du marquis de Llupià et seigneur de Molitg.
Les sources d eau sulfureuse sont connues depuis le moyen-âge, citées sous la forme
"Banneras" et "Banieras" puis au XVIe siècle citées "Els Banys" . Leur exploitation pour
soigner les maladies de la peau commence du fait de la famille Llupia antérieurement à
1786 date à laquelle est délivré une ordonnance de l intendant du roi de France pour la
gratuité des bains à la population locale.
En 1836 la famille Massia rachète deux des trois établissements thermaux qui existent
à Molitg soit les bains Llupià et les bains Manet, le troisième étant les bains Barère.
Les baigneurs, curistes de l’époque, sont à l’origine de la construction en 1854 de la chapelle
des bains devenue chapelle
Notre-Dame-de-Bon-Secours et financée essentiellement par des dons et loteries.
Le château de Riell est édifié en 1895 par la famille Massia avec tourelles et pignons
de l’époque du Romantisme de la fin du Moyen-âge et début de la Renaissance.

Les réformes sociales issues du gouvernement dit du Front populaire (juin 1936-juin 1937)
puis le Régime général de la Sécurité sociale créé par ordonnance du Gouvernement provisoire
de la République française en 1945, favorisent à partir de l’après Seconde guerre mondiale
le social et le soin à la personne dont les cures.
Adrien Barthélémy rachète la station de Molitg en 1946. Il crée la Maison du Thermalisme
à Paris et devient le Président-Directeur-Général de la Société Compagnie Française du Thermalisme qui se développe ensuite à hauteur d’une vingtaine d’établissements en première
chaîne française d’établissements thermaux sous le nom de Chaîne Thermale du Soleil.
Président d’honneur du syndicat autonome du thermalisme français dont il est le fondateur,
il accède en 1986 au poste de conseiller auprès de l’organisation mondiale du thermalisme.

Les bains de Molitg, initialement utilisés en dermatologie s’orientent ensuite également
vers les maladies pulmonaires, les troubles musculo-squelettiques, la remise en forme et
les soins de beauté.
La communauté de la vallée de Molitg ou de Paracols, comprends Campôme, Cruells, Fornols,
et Molitg selon 1 822 hectares et 826 habitants en 1793 En 1794 la commune de Campôme
est créée par détachement de 526 hectares et 315 habitants de Molitg. La courbe de la population de Molitg maintient une moyenne honorable de 573 habitants pendant la première
moitié du XIXe siècle de 1800 à 1851. Elle accuse une baisse constante pendant un siècle
de 1856 (610 habitants) à 1954 (198 habitants) puis elle est supérieure à 200 habitants
de 1962 (206 habitants) à 2021 (248 habitants
excepté pendant les quinze années de 1975 à 1990 avec une moyenne de 176 habitants.

La commune est reconnue pour la qualité de son patrimoine naturel.
- Molitg-les-Bains se trouve dans une Zone Naturelle d’Intérêt Ecologique, Faunistique
et Floristique (Z.N.I.E.F.F). Il s’agit du massif du Fenouillèdes d’une superficie de
34 156,85 hectares (341,56 km²) selon 40 communes dont 39 dans le département
des Pyrénées-Orientales et une dans celui de l’Aude.
- C’est l’une des 66 communes du Parc Naturel Régional des Pyrénées Catalanes.
- Les sources thermales sont répertoriées dans l’Inventaire National du Patrimoine
Géologiques (I.N.P.G.) comme étant une station thermo-minérale de 1,75 ha qui possède
trois sources (Barère, Llupià et Manet) et un forage unique pour l’approvisionnement en
eau thermale qui est utilisée en dermatologie, rhumatologie et pour la fabrication de la
substance glaireuse nommée glairine ou barégine,
Merci de votre visite à demain .....